Mon week-end à Marseille

Petit retour sur mon weekend prolongé à Marseille. Comme je vous l’avais annoncé dans un article précédent, j’ai profité du pont de l’Ascension pour m’échapper quelques jours dans la cité phocéenne dans laquelle je n’avais encore jamais mis les pieds. Qu’est-ce que j’en retiens ?

Un appartement sur le Vieux Port

Pour trouver de quoi me loger, j’ai utilisé le service désormais très connu Airbnb. En quelques clics, j’avais réservé un grand studio à proximité directe du Vieux Port, en bas de la rue Bonneterie pour ceux qui connaissent. Sa localisation centrale m’a permis d’accéder aux quais du Vieux Port en moins d’une minute, à la Canebière en cinq et au nouveau quartier Joliette en dix.

Journal de bord

Jour 1, déceptions

Je suis arrivé à Marseille pour 11h. L’excellent Waze m’a conduit au pied de l’appartement et j’ai pu tout de suite confirmer mon intuition : impossible de se garer du côté de Vieux Port. Le nombre de place de stationnement est limité et celles-ci sont toutes payantes. Pour ne rien arranger, les quais situés au sud du bassin sont en travaux.

Le bon plan se trouvera finalement dans les sous-sol avec le parking souterrain Vieux Port – Hôtel de Ville pour une quinzaine d’euros les 24 heures. Il ne faut pas trop tarder, à partir de la mi-journée, le parking affiche complet.

Voiture garée et déchargée je m’offre un café en terrasse avant de chercher une brasserie où déjeuner. Comme souvent, les restaurants des quais attendent le client et la qualité n’est pas toujours au rendez-vous.

Un café sur le Vieux-Port
Un café sur le Vieux-Port

La journée est ensoleillée et le repas vite digéré. Je décide de me promener dans les alentours, faire le tour du Vieux-Port et gambader dans les rues adjacentes.

Finalement, je remonte la Canebière et grosse déception. La célèbre avenue marseillaise ne me laisse pas un souvenir impérissable. Loin de là. Je constate avec tristesse que Marseille n’échappe pas aux clichés des villes méditerranéennes : elle est sale et la misère y a pignon sur rue. Les bâtiments récemment incendiés ou abandonnés cohabitent avec les détritus déversés sur les trottoirs. Pas un carrefour sans mendiants ou personnes dans le besoin.

Un paysage finalement assez triste sur l’avenue que beaucoup surnomment les “Champs-Élysées marseillais”. Je remonte la rue jusqu’à Réformés avec un pied de plus dans la misère pour finalement m’arrêter prendre un nouveau café aux Danaïdes. La route dans les jambes et la fatigue qui tombe, je décide ensuite de rentrer et de ne rien faire de la soirée.

Jour 2, espoir

Le 2e jour se lève sur la cité phocéenne. Le programme de la journée est simple : Mucem le matin et vadrouille dans les ruelles au sud du Vieux-Port et visite de Notre-Dame de la Garde.

En moins de dix minutes, je me retrouve donc à faire la queue pour entrer dans le Musées des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée. Un petit conseil pour la prochaine fois : l’achat de billet sur Internet permet de profiter de la file prioritaire, et donc de ne pas faire la queue.

Mucem
Mucem

Vingt minutes plus tard, je rentre pour découvrir une nouvelle file d’attente. Heureusement, le personnel aime bien les enseignants et une file leur est réservée (avec les autres bénéficiaires de la gratuité). Le Pass’Éducation me permet d’obtenir un billet sans payer pour l’exposition permanente et je découvre avec enthousiasme les quatre grandes salles thématiques du musée :

  • Invention des agricultures ;
  • Naissance des dieux et Jérusalem, ville trois fois sainte ;
  • Citoyens et citoyenneté ;
  • Au-delà du monde connu.

La muséographie est efficace et pédagogique. Les œuvres sont pour beaucoup d’entre elles réellement intéressante et les reconstitutions sont de qualité. Les œuvres plus contemporaines sont également pertinentes, comme ce fragment du mur de Berlin près des extraits de la Déclaration des droits de l’Homme et d’une citation de la charte de la confrérie des chasseurs mandingues (empire du Mali, XIIIe s.) que je ne résiste pas à recopier :

L’homme en tant qu’individu
Fait d’os et de chair,
De moelle et de nerfs,
De peau recouverte de poils et de cheveux,
Se nourrit d’aliments et de boissons ;
Mais son “âme”, son esprit vit de trois choses :
Voir ce qu’il a envie de voir,
Dire ce qu’il envie de dire
Et faire ce qu’il a envie de faire ;
Si une seule de ces choses venait à manquer à l’âme humaine,
Elle en souffrirait
Et s’étiolerait sûrement
Extrait de la Charte de la confrérie des chasseurs mandingues, Empire du Mali, XIIIe s.

Je profite de la sortie aérienne du Mucem pour emprunter la passerelle qui conduit au fort Saint-Jean.

Le Pharo, vu depuis le Mucem
Le Pharo, vu depuis le Mucem

Nouveau coup de cœur : parfaitement restauré le fort, offre de magnifique points de vue sur le quai de la Joliette mais aussi sur le Vieux-Port, que ce soit des chemins de garde ou du haut de la tour du roi René.

Chemin de ronde
Chemin de ronde

Profitant un instant du soleil, sur les hauteurs, je prends plusieurs photos avant de redescendre par la sortie du Vieux-Port.

Vue sur mer
Vue sur mer

L’après-midi, je passe au sud du port et je découvre ainsi une librairie maritime, la Cardinale, sur le quai de Rive Neuve et m’y perds un moment. On y trouve tout ce qui a trait à la mer et à la navigation. Carnets de bord, cartes marines ou encore récits de voyage. Du classique et du moins classique. Bref un petit coup de cœur. Je note aussi qu’un espace pour enfants est bien aménagé. En sortant, je repère une savonnerie traditionnelle et l’inscris à mon programme de fin de journée.

Il est ensuite temps de gravir les rues en direction de Notre-Dame de la Garde. Sur un coup de tête, je décide d’escalader les ruelles à pied, faisant confiance à mon sens de l’orientation et persuadé que tant que l’on grimpe, on est dans la bonne direction. Trois quart d’heure plus tard, je profite d’un vent rafraichissant au pied de la célèbre basilique de la Bonne Mère.

La Bonne Mère
La Bonne Mère
Vue vers le Nord
Vue vers le Nord

Quelques clichés de la vue sur le Vieux-Port et sur la mer et j’entre à l’intérieur. Je ne suis pas un grand fan des basiliques néo-byzantines et je suis le premier à envoyer les gens visiter la cathédrale Saint-Jean à Lyon plutôt que Fourvière. Tout de même, la Bonne Mère fait son petit effet et j’apprécie en particulier les mobiles de bateaux qui descendent des plafonds.

Le choeur de ND de la Garde
Le choeur de ND de la Garde

La foule avance péniblement jusque devant l’autel et je ressors sans prendre le temps de visiter la crypte. Je souhaite alors partir explorer d’autres coins de Marseille dont on m’avait vanté les mérites, notamment le Vallon des Auffes. Cette fois pourtant, je décide d’attendre le bus pour m’épargner la longue descente vers ce petit coin. Une heure plus tard, j’attends toujours le bus au pied de la basilique. Le Soleil et la fatigue ont raison de ma motivation et je remets la visite du Vallon au lendemain.

Je descends donc à pied vers le Vieux-Port, passant par le Parc de la Colline Puget et m’arrête à la savonnerie de la Licorne. Quelques achats plus tard, je sors et rentre à l’appartement.

Bientôt l’heure de dîner et, sur les conseils de mon hôte, je teste un petit restaurant, le Sard’In, en retrait du Vieux-Port et autoproclamé bar à sardines. Tout cela me met l’eau à la bouche et j’arrive à trouver une table libre. Service et accueil des plus sympathiques et un concept qui a tout pour plaire : en entrée, une conserve de sardines que vous choisissez entre plusieurs propositions, y compris des millésimes (si, si, ça existe même chez les sardines). En même temps, vous commandez votre plat principal, à base de sardines ou non. Ainsi, vous avez le temps de déguster (car elles étaient vraiment bonnes !) les sardines pendant que votre plat principal est cuisiné. Celui-ci (des sardines grillées pour ma part) était tout aussi bon que l’entrée. Petite déception cependant avec le dessert : un mille-feuilles de fraises et de framboises à la vanille qui n’avait rien d’exceptionnel.

Sard'in
Sard’in

Pour la digestion, je décide de reprendre mes vagabondages qui m’amènent, presque involontairement, au cours Julien. Ce quartier, censé être l’un des plus animés de la ville, demeure cependant bien morne et seuls quelques couples attablés et une vingtaine de participants à Nuit debout viennent rompre le silence de ce “quartier de créateurs”. C’est donc dans une Marseille endormie que je rentre à l’appartement.

Jour 3, émerveillement

La troisième journée s’annonçait aussi chargée que la deuxième puisque je devais m’embarquer en fin de matinée pour l’île d’If et son château avant de revenir sur le continent pour profiter (enfin) du vallon des Auffes. Bien inspiré, j’avais acheté mon billet d’embarquement la veille, ce qui m’a permis de profiter de la file prioritaire et donc de ne pas attendre avant l’embarquement.

Embarquement
Embarquement sur le Vieux-Port

La traversée est rapide : un quart d’heure pour rallier l’île d’If. Je profite du voyage pour prendre de nouvelles vues de Marseille, de son Vieux-Port et du palais du Pharo.

Le Pharo
Le Pharo

La visite du château d’If est payante. Toutefois, les enseignants peuvent profiter de la gratuité accordée par le Pass’Éducation. Avant d’entrer dans la prison qui a tant inspiré Alexandre Dumas, je profite du beau temps et de la vue pour déjeuner à proximité du petit phare de l’île.

Vue depuis l'île d'If
Vue depuis l’île d’If

J’attaque ensuite la visite du château et de ses trois tours. Celle-ci n’est pas extraordinaire et sans la légende de Monte-Cristo, ni la vue magnifique, elle n’aurait pas beaucoup de charme. Si vous manquez de lecture, passez à la boutique pour acheter l’œuvre d’Alexandre Dumas.

Derrière les barreaux
Derrière les barreaux

Je repars en début d’après-midi pour la Terre Ferme et trouve enfin un bus qui me mène au vallon tant convoité. Face à toutes mes attentes, ce petit coin marseillais ne m’a pas déçu. Petit port de Marseille, il offre une vue dégagée sur la mer, les îles du Frioul et un offre un petit espace de baignade, tant dans l’entrée du vallon que d’une une piscine d’eau de mer.

Vallon des Auffes
Vallon des Auffes

L’eau est fraiche mais il fait bon se prélasser au soleil sur les rochers et j’en profite un long moment. Me reposant au rythme des vagues, je passe l’après-midi dans le vallon avant de reprendre la direction du Vieux-Port.

Le Vallon des Auffes, vu depuis la digue
Le Vallon des Auffes, vu depuis la digue
Instant détente
Instant détente

Je fais ensuite un détour par la place aux huiles et la place Thiers. Pour ma dernière soirée à Marseille, je décide rester proche du Vieux-Port qui est définitivement plus animé que le Cours Julien et je m’installe un moment dans le pub The Little Temple. La nuit est bien tombé mais l’air reste chaud. Je rentre un peu plus tard, tout en profitant, sur le chemin, d’un spectacle de jongleurs de feu sous le miroir ombrière.

Joueurs de feu
Joueurs de feu

Coups de cœur, coups de gueule

Comme dit plus haut, je reste un peu sur ma faim. J’espérais trouver une belle ville française, une sorte de petite Paris ou Lyon au bord de la Méditerranée. Une trop grande naïveté qui a eu raison de mon espérance. Marseille est trop sale, trop peu entretenue pour me faire rêver.

Heureusement, de véritables coins de paradis se cachent derrière le coin d’une ruelle ou d’un rocher. L’aménagement des quais autour du Mucem et du fort Saint-Jean est une véritable réussite. Le vallon des Auffes réussit à garder une petite part d’authentisme si bien que, pendant un moment, l’on oublie se trouver à Marseille.

Par ailleurs, j’ai également été déçu des transports marseillais : attendre un bus qui ne passe jamais dans une ville comme Marseille est non seulement pénible mais, surtout indigne, de la troisième agglomération française. Si bien, que ma carte de transport comprenant 10 voyages ne m’a finalement servi que trois fois.

L’investissement dans une paire de chaussures ou dans un café sur le Vieux-Port aurait donc été plus rentable.

Enfin, lorsqu’on prépare bien son séjour, on comprend vite l’intérêt de sortir des sentiers battus pour découvrir des coins vraiment sympas, comme ce petit bar à sardines, que tout voyageur dans la cité phocéenne devrait tester. Une chose est sûre, s’il existe toujours lorsque je retournerai à Marseille, je m’y arrêterais sans l’ombre d’un doute.

Jupo Écrit par :

Derrière l'éléphant, se cache Jupo, un jeune prof de 26 ans. Lyonnais d'adoption, il travaille dans l'académie et parcourt aussi souvent que possible les rues de la capitale des Gaules. Passionné par la photo, les nouvelles technologies et l'histoire-géo, il relate sur ce blog ses envies, ses expériences, ses tests et son humeur.