Les sauvegardes de mes photos

Introduction

Quand vient le moment de formater un disque dur, de réinstaller un ordinateur ou de faire face à une panne informatique, la même question se pose toujours : quelles sont mes données les plus importantes ? Pour moi, la réponse est simple : mes (dizaines de milliers de) photos. Aussi, j’ai décidé de mettre en place un vrai processus de sauvegarde de mes clichés.

Petit rappel des conditions d’une bonne sauvegarde

Beaucoup de très bons articles sur les sauvegardes fleurissent sur Internet ces derniers mois sur la bonne gestion des sauvegardes. Tous rappellent les deux éléments de base :

  1. Avoir des sauvegardes sur plusieurs supports ;
  2. Avoir différentes sauvegardes en différents lieux de stockage.

La multiplicité des supports permet de faire face aux pannes matérielles comme un disque dur qui lâche. La multiplicité des lieux de stockage permet quant à elle de faire face aux accidents plus graves : cambriolage, incendie, inondation, etc.

C’est en ayant ces deux aspects en tête que j’ai commencé à réfléchir à mon processus de sauvegarde.

Les contraintes

Toute réflexion doit commencer par un inventaire des besoins et surtout des contraintes techniques.

Les miennes étaient simples : il me fallait de la place. Avec le temps et ma manie de shooter en RAW, j’ai accumulé les centaines de Go de photos. Presque 400 à l’heure actuelle si je me souviens bien.

Exit donc les supports portables. Je reste de toute façon persuadé que les disques (DVD et Blu-ray) n’offrent pas de bonnes alternatives comme les clés USB que l’on perd facilement.

Il fallait donc s’orienter vers autre chose.

Niveau 0 : le disque dur de l’ordinateur

De base, mes photos finissent toutes au même endroit : sur un disque dur de mon ordinateur où elles sont triées par année puis par sujet/projet. À partir de là, je les trie, modifie, développe avec l’excellent Adobe Lightroom.

C’est le niveau 0 de ma sauvegarde car elle n’est en rien protégée des pannes ou des fausses manipulations… et oui, ça arrive.

Niveau 1 : sauvegarde sur le NAS

J’ai depuis quelques mois investi dans un petit NAS 2 baies de chez Synology. Il me permet de mettre en place un serveur média, de sauvegarder mes données importantes et de les rendre accessibles via n’importe lequel de mes appareils. C’est très simple à configurer et à utiliser : bref que du bonheur.

J’envoie donc une copie de mes clichés directement sur le NAS. Pour le moment, cette manipulation est encore manuelle et ja la réalise après chaque shooting, une fois que mon premier tri et mes premières retouches sont faites.

Cette sauvegarde a deux avantages : elle duplique les données de mon disque-dur pour parer à une panne donc et me permet d’y avoir accès depuis n’importe quel endroit doté d’une connexion internet. Toujours dans un souci de prévoir une panne technique, ce NAS est configuré en RAID 1 : on retrouve la même chose sur les deux disques durs. Si l’un des deux décident de me lâcher alors il y en a encore un qui fonctionne.

Niveau 2 : sauvegarde sur un disque dur externe, stocké ailleurs

Le deuxième niveau de ma sauvegarde est sans doute le plus simple à mettre en œuvre : je copie toutes mes photos sur un disque dur externe qui ne sert qu’à cela. Le plus important est sans doute que j’essaye de le stocker en dehors de ma résidence. Ce n’est finalement pas si difficile : voiture, lieu de travail, etc.

Cela permet de palier aux accidents qui pourraient intervenir à mon domicile et dont j’ai déjà parlé plus haut.

En revanche, vous comprenez bien qu’avec une telle sauvegarde, il faut trimballer le disque dur externe et donc les copies de sauvegardes ne sont pas des plus régulières. Si c’est pour le laisser la moitié du temps à côté de mon ordinateur, cela perd de son intérêt. Je réalise donc dessus des sauvegardes irrégulières et non-systématique. Tous les 6 mois environs ou après de gros shootings ou projets.

Niveau 3 : stockage sur le Cloud

Enfin un dernier niveau de sauvegarde cumule les avantages des précédents : le cloud. J’envoie mes photos sur un serveur (ce qui peut se faire depuis chez moi) où elles sont archivées et sauvegardées. Comme ce serveur se trouve à l’autre bout du monde, il est peu probable qu’il subisse les mêmes dégâts que ceux qui pourraient arriver chez moi.

Bref, c’est le top. Mais pour des centaines de gigaoctets de photos, il y a la question du coût et il y a encore peu, je n’aurais pas sauté le pas.

Le choix d’Amazon Photo Premium

Depuis Amazon propose à ses clients Premium d’héberger toutes leurs photos, de manière illimitée et sans surcoût avec l’offre Photo Premium de l’Amazon Cloud Drive. J’étais déjà client chez eux et abonné Premium donc cette solution ne me coûte rien de plus.

Pour information, ce service Premium coût 49 € à l’année et permet surtout des services préférentiels chez Amazon (livraison gratuite et rapide, accès anticipé à des ventes flashes, etc.). Aujourd’hui, je pense que le simple fait de pouvoir stockée toutes ses photos de manière sécurisée vaut ces 49 € et je n’ai pas trouvé mieux ailleurs.

Il y a bien Google Photos qui offre un hébergement similaire et gratuit. Seul bémol, chez Google, les photos sont stockées gratuitement dans une bonne qualité mais pas dans leur qualité d’origine. On perd forcément en qualité même si ça reste très acceptable pour tirer des photos en 10*15.

Avec Amazon Cloud Drive, ce sont tous vos fichiers photos qui sont stockées dans leur qualité d’origine y compris les fichiers bruts (les fameux RAW).

Autre avantage, via Internet ou via des applications dédiées sur ordinateurs et mobiles, vous pouvez y avoir accès à n’importe quel moment.

L’interface web d’Amazon Drive

À voir dans le temps

Tout ceci explique pourquoi, j’ai décidé d’utiliser ce service. Depuis trop peu de temps sans doute pour en voir les défauts. Il me reste notamment à voir la qualité du service dans le temps. Je m’interroge aussi sur la confidentialité de ces données déposées chez un tiers. Même s’il n’y a rien de bien secret dans mon travail photographique, c’est un aspect de sécurité qui me préoccupe.

Dans la pratique

On pourrait penser qu’envoyer les photos sur les serveurs Amazon rajouterait des manipulations supplémentaires et au final ferait encore plus perdre du temps dans toutes ses sauvegardes. En réalité, c’est assez simple à configurer et aujourd’hui, cela n’allonge pas le temps que je consacre déjà à mes sauvegardes (presque rien, en fait !). En effet, le NAS Synology propose un service (Cloud Sync)pour synchroniser les différents Clouds disponibles avec les fichiers se trouvant sur le NAS. Du coup, les photos que j’envoie sur le NAS sont automatiquement synchronisés avec mon Drive Amazon.

Un peu de paranoïa ?

Ces différents niveaux de sauvegardes peuvent poser une question légitime : à quel point suis-je parano ?

On pourrait sans doute supprimer certains de ces niveaux de sauvegarde sans encombre : à quoi bon avoir un disque dur externe à trimballer si tout est sur les serveurs d’Amazon ? quel apport du NAS dans ce cas ?

Ce sont en effet des questions que je me pose. Et après un certain temps avec Amazon Premium, j’envisagerai peut-être d’arrêter les sauvegardes sur le disque externe. Toutefois, quand je vois sur Internet, et même autour de moi, les gens qui perdent leurs données (y compris les photos de presque toute leur vie) parce qu’ils n’avaient pas pris le temps d’en faire d’autres sauvegardes, je me dis qu’un jour, je serais sûrement bien content d’avoir été au temps parano !

Jupo Écrit par :

Derrière l'éléphant, se cache Jupo, un jeune prof de 26 ans. Lyonnais d'adoption, il travaille dans l'académie et parcourt aussi souvent que possible les rues de la capitale des Gaules. Passionné par la photo, les nouvelles technologies et l'histoire-géo, il relate sur ce blog ses envies, ses expériences, ses tests et son humeur.